28 Avril 1991.

28 Avril 1991.
J'ai toujours aimé la souffrance. Je me complaisais à exacerber mes déceptions, mes réflexions amères; la communication boiteuse avec mes parents, l'incompréhension des autres enfants dans l'ensemble cruels et limités et avec qui je ne pouvais donc prétendre à aucune connivence, mise à l'écart qui se prolongea jusqu'à la fin de l'adolescence quand je compris qu'il valait mieux paraître en savoir moins que les autres et, à tout prendre, avoir l'air bête...c'est à peu près à ce moment-là que je commençais à pressentir que la vie était absurde, ce qui me fut confirmé par de nombreuses lectures, que je touchai du doigt le mal-être, que la question «à quoi bon?» revint de plus en plus souvent et me parut intolérable, les diverses corruptions de l'être humain en qui je voulais croire, le trou noir de l'avenir qui amènerait inéluctablement la mort, et le véritable trou noi, et d'autres réflexions du même ordre contre lesquelles je ne cherchais même pas à me débattre.

# Posté le dimanche 02 mars 2008 14:04

Modifié le mardi 01 septembre 2009 03:49

" Le jeudi 30 Avril 2009 " .

" Le jeudi 30 Avril 2009 " .
Que dire du bonheur? Rien. Ça emmerde le monde. Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Vous seriez jaloux, mesquins. Pourquoi cela marcherait-il à ce point pour nous, et pas pour vous? Et puis je ne vais pas vous raconter mon sourire niais! Ça ne se raconte pas un sourire, surtout niais! Je ne vais pas vous retranscrire les adorables bêtises qu'on se débite à longueur de nuits, ni décrire sa façon de replacer mes mèches derrière mon oreille, la douceur de sa joue contre la mienne, et son regarde plongé dans le mien... Vous voyez, je tombe très vite dans les mauvais clichés. Joue contre joue, yeux dans les yeux, main dans la main... Ce qu'on est con quand on aime! Ce qu'on est niaiseux, mielleux, fleur bleue, inactif, improductif, égoïste, aveugle et sourd! Je promène ma tête d'autiste heureuse dans les rues, sans me préoccuper le moins du monde d'effrayer ou non mon entourage qui n'existe plus, ou les passants que je ne vois même pas. Seule compte son opinion, et son visage est l'exacte réplique du mien, air béat et sourire jusqu'aux oreilles compris, aussi surprenant qu'il formule une critique quelle qu'elle soit. Un bonheur partagé. Partagé. Des souvenirs désordonnés, et cette sensation au creux du ventre quand je les évoque... Un entrelacs de rires, de jambes, de fumée... L'hiver puis le printemps... mes mains crispées sur sa peur... sa voix qui me rend folle... l'obscurité radieuse qui règne dans sa chambre quand je dors dans ses bras... la fièvre qui nous anime, nos discussions exaltées et nos inlassables étreintes... l'oubli total de ce monde insignifiant... juste lui... juste moi... nos membres confondus... nos rires accordés.... allumer une cigarette qu'on fume à deux... ne plus rien redouter... l'imperfectible satiété du corps à corps... du c½ur à c½ur... bercé par la musique extatique de mots d'amour qui me sont destinés... non, je n'ai peur de rien quand je suis dans ses bras... de rien... je fais de mon souffle l'écho des battements de son c½ur, de mon corps le reflet de son corps, de sa jambe qui m'entoure une chaîne indéfectible... je le regarde dormir et l'ombre de ses cils sur sa joue mal rasée, sa moue d'enfant, sa main abandonnée, déchaînent en moi des passions disproportionnées... Nous sommes la même âme dans deux corps. Vivre d'amour, d'Evian et de Marlboro Light, à croire que ça suffit.

# Posté le samedi 15 novembre 2008 15:05

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 10:41

Mathilde, Mathilde.

Mathilde, Mathilde.
Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : «Parce que c'était elle, parce que c'était moi.» Ayant si peu à durer, et ayant si tard commencé, elle n'avait point à perdre de temps et à se régler au patron des amitiés molles et régulières, auxquelles il faut tant de précautions de longue et préalable conversation. Celle-ci n'a point d'autre idée que d'elle-même, et ne se peut rapporter qu'à soi. Ce n'est pas une spéciale considération, ni deux, ni trois, ni quatre, ni mille : c'est je ne sais quelle quintessence de tout ce mélange, qui, ayant saisi toute ma volonté, l'amena se plonger et se perdre dans la sienne; qui, ayant saisi toute sa volonté, l'amena se plonger et se perdre en la mienne, d'une faim, d'une concurrence pareille. Je dis perdre, à la vérité, ne nous réservant rien qui nous fût propre, ni qui fût ou sien, ou mien.


Montaigne,

# Posté le vendredi 11 juillet 2008 08:59

Modifié le mardi 01 septembre 2009 04:00

Quand la vie vous a fait don d'un rêve qui a dépassé toutes vos espérances.

Quand la vie vous a fait don d'un rêve qui a dépassé toutes vos espérances.







La danse

# Posté le mardi 29 juillet 2008 15:32

Modifié le mardi 01 septembre 2009 04:05